22.02.2011

DSK: une interview pour rien?

L’étendue est la marque de ma puissance. Le temps est la marque de mon impuissance.Ceci est un vieux souvenir de terminale, une citation de Lagneau, le maître philosophique d’Alain. Alain maître à penser des radicaux du début XX ème sans doute pas celui des socialistes d’aujourd’hui. A commencer par DSK. 

Mais en regardant ce soir l’interview sur France 2, c’est cette citation qui me vient à l’esprit. DSK a pour lui l’étendue (son envergure internationale) et contre lui le temps (il ne peut annoncer sa candidature sans briser une règle de FMI). Son étendue est le principal  atout de sa candidature, mais le temps l’empêche de se déclarer. Tout habile qu’il soit, il n’ a pu se dépêtrer de cette aporie, rendant anodin le rendez-vous de ce soir. Si la rencontre de demain avec les Parisiens est du même tonneau, l’anodin deviendra une faute de communication. Les Français vont en avoir assez de jouer aux pythies et assez des augures professionnels qui demain décrypteront les signes (ma femme a toujours raison, j’aurai souhaité que Delors se présente). Miettes dérisoires censées rassasier notre appétit, petits cailloux blancs minuscules qui ne suffiront pas à tracer un chemin pour nos interrogations. Aurons nous envie alors de bifurquer? 

Au-delà de la contrainte du calendrier et du jeu du chat et de la souris qu’elle crée, j’ai été gêné par deux choses lors de l’interview de DSK. Son côté haut-fonctionnaire international qui donne des leçons aux gouvernants. La morgue du super-administratif qui considère les politiques (rappelons le élus par le peuple) comme de grands enfants régis par le désir de plaire et par les caprices du quotidien. Sa fausseté lorsqu’il parle de crise sociale. Non pas qu’il ne soit pas sincère, mais il martèle les mots et serre les poings: la crise sociale. On sent l’emprise des communicants qui évidement concerne l’ensemble de l’intervention , mais se révèle criante à ce moment-là. Moment qui dans sa fausseté explique la raison d’être de la campagne de cette semaine. Rassurer-les militants et sympathisants socialistes, je suis bien de gauche. De cette assertion banale mais que le PS veut entendre, certains augures déduiront que DSK est déjà en campagne pour les primaires. Qu’il définit donc son espace, son étendue avant que le temps ne lui permette de se déclarer. Sauf que son insistance à parler de sa responsabilité au FMI, comme s’il avait peur de mécontenter ses employeurs au cas où, laisse des doutes. En juin, DSK sera dans le temps juste, mais aura t’ il toujours l’espace nécessaire?

Portrait du salon de l'agriculture, sans Jacques Chirac mais avec des animaux dedans

Les enfants et Jacques Chirac qui caressent les bébés animaux, c’est mignon mais ça va cinq minutes.

Ca fait de belles photos pour les albums de famille, mais ça a autant de rapport avec le monde agricole qu’un concours de Miss France avec la vraie beauté.

 

Le salon de l’agriculture c’est comme le festival de Cannes. La paille remplace juste les paillettes.

Mais sinon ce sont les mêmes bimbo ou les mêmes starlettes.

 

Je suis sur que tous les animaux sont passés sous le scalpel du vétérinaire esthétique.

Toutes les vaches ont le pis siliconé afin de faire du 195 Z.

Les truies sont botoxées pour avoir la peau  douce, le pied manucuré.  

Et je ne vous pas parle de la crinière des percherons peroxydée par les plus grands coloristes de la place de Paris.

 

Le salon de l’agriculture est une vitrine. IL expose ses plus beaux mannequins. Mais où se trouve la brebis  next door, le poulet de tous les jours.

 

Dans un élevage en batterie sous des tôles surchauffées peut-être. ?

Comment répondre aux critiques sur l’agriculture et l’élevage intensifs  en proposant cette image d’Epinal rassurante de l’agriculteur qui veille sur notre terroir.

 

Et si la première victime du salon de l’agriculture c’était l’agriculteur lui-même

 

Figé dans une posture sympathique : le gars aux  joues rougeaudes qui descend dans la capitale une fois par an, présenter la campagne à des citadins supposés ignares.

 

Sortons de ces deux clichés

 

En tête des hit parade des jeux vidéos, en ce moment, il y a un jeu simulation où on gère une exploitation agricole.

N’est ce pas rassurant, et n’y a t’il pas dans cette réalité virtuelle plus de modernité que dans ce salon de l’agriculture ?

 

 

14.02.2011

De ma fenêtre, je regarde la France

 

 

PS. Le chœur des vierges effarouchées ! Barrissements d’éléphants outragés. Touche à pas mon DSK. La bête immonde est de retour sous les traits des responsables UMP. Un peu exagéré.

Jacob n’est pas Brasillach, Lellouche n’est pas Rebatet.

Dire que DSK ne connaît rien à la France ce n’est pas du fascisme. C’est juste aussi peu subtil que la gauche qui martèle à longueur de temps que Sarkozy est l’ami des milliardaires et des riches. Là-aussi on pourrait aussi y voir des relents des années 30.

Des dossiers éventuels sur DSK alimentent tous les fantasmes : scandales sexuels, affaires d’argent. Les socialistes montent donc au créneau de façon disproportionnée dès la première salve pour éviter qu’il y’en ait d’autres.

Au-delà de cette polémique de bas niveau, revenons sur ce présupposé de l’élection présidentielle : un candidat doit connaître la France et son terroir. Et de citer François Mitterrand qui n’hésitait jamais à prendre un hélicoptère pour contempler les collines de Vézelay.

Idée stupide. A ce compte là, nous ne pourrions voter que pour un ancien coureur du tour de France, un VRP avec 400.000 km au compteur ou Jean-Luc Petitrenaud.

Chacun d’entre nous à toute légitimité pour incarner une façon d’être la France. Il n’y a pas les enracinés d’un côté et les transplantés de l’autre. Chacun connaît  la France par son expérience (données géographiques et biologiques) et par sa curiosité( rencontres, voyages, lectures). Il n’y a pas un  encyclopédiste unique du terroir français. Et plutôt que les racines, moi j’ai toujours préféré les ailes. Le choix de l’avenir plutôt que le ressassement du passé.

 

 

 

   

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